Tout a commencé par un pari. A cause de ce pari un copain venait de s’inscrire au 28km du Trail des forts.
– Ça ne te dit pas de le faire aussi ?
– 28km ! Mais t’es malade ça fait beaucoup trop pour moi !!
– Ben sur le 19km alors !
– …
Bien évidement le lendemain j’étais inscrite.

À ce moment-là le trail c’était un monde totalement inconnu pour moi (note que ça l’est encore un peu maintenant), un monde de boue, d’escaliers et de montagne. Je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre. Et puis le baptême : le trail des lacs. Une grosse claque. J’en ai chié mais c’était bien (enfin je dis ça après mais sur le coup je ne faisais pas la maligne !). Et puis après seulement deux semaines de répit arrive le fameux : le trail des forts, 1km de plus que celui de Clairvaux, 100 mètres de dénivelé positif en plus. Et un ravitaillement en moins. J’avais peur, très peur. Pour la première fois de ma vie je stressais avant une course.

Trail des forts - Profil de la course

Réveil à 6h15 un dimanche matin, l’homme le vit très très mal, mais vu qu’on est chez nos amis il est obligé de faire bonne figure. Après le petit déjeuner je m’interroge longuement : je prends le gobelet ou non ? En effet il n’y a pas de gobelet sur les ravitaillements, du coup on nous a donné à tous un gobelet avec notre dossard. Je l’accroche à mon sac, ça devrait le faire.
J’enfile mon short parachute, pour 4€ à décathlon on a un short, mais il est vraiment moche. Mais quand je vois le prix des autres shorts de running je me dis que ça fait trop cher le m² de tissu. (Ok j’ai mis 45€ dans des chaussettes mais c’est pas pareil…)

Gobelet Trail des fortsOn arrive sur le village du départ, je trottine un peu, le gobelet m’enquiquine, je décide de ne pas le prendre. Je rejoins le sas de départ, autour de moi il y a pas mal de filles et je ne suis pas à l’aise, ça me conforte dans l’idée qu’une course 100% féminine ne serait vraiment pas faite pour moi.

Après la « musique de départ » et un super décompte on s’élance enfin. Les 500 premiers mètres sont très larges puis ça se rétrécit, premiers bouchons, ça va être compliqué de prendre le rythme. Une fille derrière moi stresse tellement qu’à chaque ralentissement elle dit « olala ça y’est c’est le début de la montée ». Heureusement que j’avais regardé un peu le profil avant et que je savais que la première montée n’arrivait qu’à la moitié du troisième kilomètre.

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Finalement on y arrive, ça grimpe un peu, ça tire dans les cuisses mais je double un peu de monde. Et à nouveau bouchon, ça grimpe, bouchon, ça grimpe, bouchon. Et puis petit à petit le terrain redevient plat, j’accélère mais j’ai un petit doute : on est quand même pas déjà en haut ? C’était de la gnognotte cette montée, pourtant sur le graphique elle m’avait donné des sueurs froides. Je trottine doucement au même rythme que les autres et puis finalement je me dis merde, le plat c’est mon terrain de prédilection, c’est maintenant ou jamais ! Telle une fusée (j’exagère à peine) je double tout le monde (à peine vraiment).
On arrive dans le fort de Bregille, et… (roulement de tambour) bouchon ! En effet le parcours de 19km est commun avec celui du 16km rando, sauf pour 3km où les randonneurs prennent un raccourci. C’est sympa parce que les randonneurs nous encouragent. Mais aussi pas très judicieux comme tracé parce qu’au moment où tout le monde se rejoint forcément il y a quelques soucis. En plus de ça on passe dans des micros escaliers, on perd énormément de temps.
C’est là qu’entre en jeu la connasse, la connasse arrive de derrière alors que tout le monde est en train de faire la queue pour descendre un escalier, mais la connasse ne veut pas attendre donc elle passe devant tout le monde. Quelle connasse donc. Après l’escalier on repart en courant, mais la connasse n’est pas une bonne coureuse, son truc à elle c’est juste de doubler les gens à l’arrêt, du coup on redouble la connasse. À l’escalier d’après la connasse repasse devant tout le monde. Et ainsi de suite pour les 3 escaliers suivants. Un bel esprit de connasse.

Vu sur BesançonUne fois passé la partie bouchons/escaliers on se retrouve sur une descente en goudron, pic de vitesse. Mon short parachute me retiens juste ce qu’il faut, mais pas assez pour éviter le point de côté. On arrive en bas, on longe le long du Doubs, un coureur me demande à combien de kilomètre on en est : 10km. Déjà ! En 1h06 en plus, si y’avait pas eu tous ces bouchons j’aurais pu faire un temps vraiment correct finalement. On longe le Doubs sur les berges, avec des petits pavés que j’adore… ce n’est pas ici que je vais rattraper le temps perdu !

Après une douzaine de marche on attaque la 2ème bosse, le fort de Chaudanne, moins haute que la première mais en levant la tête je sais que celle-ci va faire très mal. On monte en zig-zag et à chaque virage on voit les coureurs de devant qui sont vraiment très très haut. Ça n’en finit pas. Je sais que le ravitaillement est situé à 13,5km en haut de la bosse mais j’ai l’impression que les kilomètres ne défilent pas. Heureusement l’ambiance est bonne, on échange quelques blagues avec le mec devant moi, ça me permet de penser à autre chose qu’à mes mollets sur le point d’entrer en fusion. Enfin le graal ( = le ravito) , j’essaie de trottiner pour arriver plus vite mais impossible mes jambes refusent, je suis contrainte de les attendre. Et puis la prise de conscience qui fait mal  en face d’une bénévole « ahhhhhhhhhhhh j’ai pas pris le gobelet » « c’est pas grave il y en a en plastique vers mon collègue ». Youpi ! (Mais pas de coca pour moi s’il vous plait !)
Je repars requinquée pour affronter la descente. Mais celle-ci va faire très mal : des petites pierres, des chemins en terre avec des racines. Ma cheville droite s’est rappelée à moi tout le long. J’ai trouvé une parade pour descendre sans trop me faire mal mais ça devait être assez exotique à regarder. (Un mélange entre un orang-outan et un lévrier à poil court, avec un short parachute. La classe quoi. ) Après avoir dévalé le fort on se retrouve à nouveau sur une grosse route goudronnée. Je dis « on » mais en fait on n’est que deux, sauf que le type qui court à côté de moi a l’air bien décidé à me marcher de dessus. J’ai beau essayer de me décaler il revient toujours dans mes pieds … bizarre. J’étais tellement contrariée par ce type que je n’ai même pas entendu les encouragements de mon fan club.

Ma montre m’annonce 16km, c’est la dernière côte, la citadelle. Un mec me dit « maintenant c’est 1km de montée, 1km de descente et 1km d’arrivée ». Encore une fois ça monte sec, mais c’est du goudron ça se fait facilement. Rien à voir avec la dernière fois où j’étais obligée de m’accrocher aux arbres pour monter.

Une fois en haut on traverse le zoo de la citadelle, et on repart sur la descente. Ça commence sur une route goudronnée puis on enchaine sur des escaliers étroits. Le mec qui me faisait chier tout à l’heure est à nouveau là, cette fois-ci il a décidé de s’en prendre à la fille devant moi « à droite ou à gauche il faut te décider bordel » « … » sans doute la version masculine de la connasse. Arrivée en bas avec la fille on n’a pas fait 20 mètres qu’on l’a déjà dépassé et semé (et je lui ai fait une belle queue de poisson, ce n’est surement un secret pour personne mais moi aussi je sais être une connasse de temps en temps).
C’est donc parti pour le kilomètre de plat, mais je sens que mes jambes n’en peuvent plus, impossible d’accélérer. Heureusement le « kilomètre d’arrivée » était plutôt un « 500 mètres d’arrivée ».

Je coupe ma montre à 2h15’51.

Une fois la ligne d’arrivée franchie je récupère mon t-shirt de finisher « J’ai fait les forts ». J’aime beaucoup cette petite touche d’humour.

TShirt Trail des fortsJ’ai trouvé ce trail facile en comparaison du premier, je me suis beaucoup amusée et pas une seule fois je ne me suis dit que je n’y arriverais pas (bon à part sur les derniers 500mètres mais ça c’est classique). Je ne m’en rendais pas forcément compte il y a 15jours mais je pense maintenant que le trail de Clairvaux était une sacré épreuve pour commencer !

Il va peut-être falloir que j’aille faire examiner ma cheville, mais les rendez-vous médicaux ne faisant pas partie de mes passe-temps favoris je pense que ça ne sera pas pour tout de suite. (Mais j’y pense c’est déjà ça !)

J’ai bien aimé ces deux trails, on m’a demandé l’autre jour si j’étais atteinte par la fièvre du trail. Je ne sais pas encore, l’avenir nous le dira !

 

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