3h30 en lettres rouges sur mon réveil, je ne dors plus, j’ai mal au ventre, j’ai mal à la tête, jamais je ne pourrai courir tout à l’heure… Je pense bêtement que la seule chose qui pourrait atténuer ma céphalée serait une guillotine, mais je n’en ai pas donc je me contenterai d’un cachet d’ibuprofène.

Je me recouche, j’ai toujours mal, encore plus mal même.
Je commence à accepter l’évidence : je vais devoir déclarer forfait. Ça ne me plait pas d’abandonner mais je suis trop mal pour faire souffrir mon corps un peu plus, des courses il y en aura d’autre, et puis ce n’est pas comme si je m’étais entrainée pour…

6h30 ça va mieux. On dirait que mon corps à repris le dessus. Plus d’excuses, je suis obligée d’y aller.

7h30 en voiture Simone ! Le gps m’annonce 19minutes de route, parfait je serais large pour récupérer mon dossard

8h05 saleté de GPS je me suis retrouvée pas moins de 5 fois devant un panneau « route barrée ».

8h15 j’ai mon dossard et mon t-shirt, à première vue c’est exactement le même que pour les 10km de l’horloge, c’est cool j’adore les t-shirt violet coupe homme…

8h30 je sais qu’Elise et Pauline sont au départ de cette course, mais impossible de les retrouver.

8h45 je m’incruste dans le peloton de départ, mais c’est déjà trop tard je suis trop loin du point de départ ça va me rajouter au moins 1minute sur mon chrono…
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9h00 Départ, comme prévu ça bouchonne. Il me faut une bonne minute pour passer l’arche.

Je connais le parcours de la course, je l’ai déjà faite l’an dernier, je sais donc à quoi m’attendre. Je sais que ce n’est pas plat et pollué, en fait je me demande bien pourquoi je le refais…

Les premières montées défilent plutôt bien, je double pas mal de coureur et je profite des descentes pour accélérer encore un peu.
Les 5 premiers kilomètres passent vraiment très bien, on arrive déjà au ravito et pour une fois je réussi à me retenir de m’arrêter. Le parcours sort ensuite de la ville et on rejoint la « campagne », notez-ici l’important des guillemets car le tracé longe pendant un moment l’autoroute.
Je ne sais pas si c’est le manque de sucre ou les gaz d’échappement mais mon cerveau commence à déconner. Je divague un peu, je pense à tout et n’importe quoi mais surtout pas à la course et sans m’en rendre compte je commence à ralentir. Je ne suis plus vraiment concentrée sur ma respiration et c’est donc le moment que choisi  mon cher et tendre ami le point de côté pour ramener sa fraise. (D’ailleurs je me fais encore une fois la réflexion que dans mon cas c’est plus un point du milieu mais pour le moment laissons de côté ces charmantes réflexions sur la latéralité de mes douleurs.)
Enfin arrive ce que je crois être la dernière montée, plus que 2 kilomètres et c’est fini ! Je reprends un peu de force, mais pas longtemps puisque je me rends compte que je me suis trompée : c’était l’avant dernière montée, raahhhhh.
Sur le dernier kilomètre on fait à nouveau le plein de gaz d’échappement en longeant une interminable file de voiture à l’arrêt. Et déjà il est temps d’accélérer, ça tombe bien j’ai encore un peu la patate. Plus que 500mètres avant l’arrivée, derrière moi j’entends un « coach » brailler sur une fille en mode «  allez tu y es presque !». Je me dis que je suis bien contente de ne pas en avoir un pareil parce que franchement je m’arrêterais juste pour le faire taire… Le mec hurle « allez les 3 là tu les doubles » Je sais que je fais partie du tas, mais bon si ça peut l’empêcher de se faire engueuler à l’arrivé moi je veux bien la laisser passer devant moi. Sauf que là la fille me passe devant et me coupe la route, je suis à deux doigts de tomber… Même pas une excuse, rien, elle continue, alors je là je vois rouge. L’autre idiot est toujours en train de brailler « qu’elle peut le faire », au passage il bouscule une autre coureuse qui n’avait elle non plus rien demandé. C’est vraiment ce qui m’énerve sur  ce genre de course c’est ce type de comportements, franchement la fille ça va lui changer quoi ? 3 secondes ? 1 place au classement ? Mais on est déjà tellement loin des premiers de la course que c’est inutile… Et puis on peut chercher la performance tout en respectant les autres non ?
J’avoue juste pour faire chier je l’ai redoublé (et non je ne lui ai pas broyé les chevilles), j’aime pas doubler les gens juste avant la fin, j’ai l’impression de gruger, mais là les deux ils m’avaient chauffées !

Au moment où je stoppe ma montre elle m’annonce 51’05’’. C’est plutôt pas mal, quand je pense qu’a peine 6heures auparavant je pensais laisser tomber je me dis que j’ai bien géré (de la fougère :D)
Je n’ai pas encore mon temps officiel..

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10h00 Je retrouve enfin tous les gens que je devais croiser. Ça fait plaisir de débrieffer la course à plusieurs. Je ne suis pas la seule à trouver que ce parcours est difficile.

Cette course est agréable à faire car elle est bien organisée, tous les bénévoles sont sympas et ont le sourire, en revanche je trouve que l’ambiance entre coureur n’est pas franchement au beau fixe…

Après  réflexion je ne suis pas satisfaite de moi. Pas à cause de mon temps, ou de la course en elle-même mais surtout parce que j’y suis allée en touriste… Cette course je ne l’ai pas préparée, depuis 3 mois je me laisse aller. J’ai toujours une bonne excuse pour laisser mes Mizuno dans mon sac de sport. Et le résultat est sans appel : même pas 30km en novembre, moins de 60km en décembre et  tout juste70km en janvier. Et puis à moins que je ne me décide à courir deux marathons d’ici la fin du mois le bilan de février ne sera guère mieux. Je crois qu’il est temps que j’arrête d’enfiler des perles, que j’arrête de faire les choses à moitié, de courir juste pour me donner bonne conscience. Ce dimanche matin aura au moins eu le mérite de me mettre un bon coup de pied au cul au derrière !

Stay tunned

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