Cette course n’était vraiment pas prévue dans mon planning mais quand Elise m’a proposé de monter une équipe aux couleurs de notre RedCrewLyon pour le premier Ekiden de Lyon j’ai dit oui tout de suite !
L’Ekiden est un marathon en relais divisé en 3 relais de 5 km, 2 de 10km et un de 7,195 km.

J’ai choisi de faire un relai de 5km car c’était une distance « inédite » pour moi. Je ne me suis jamais inscrite sur une course de moins de 10km puisque généralement je me dis que quitte à me lever tôt le dimanche matin autant que ça vaille vraiment le coup ! Quand la question du relais s’est posée j’ai eu envie de me mesurer à cette distance, à ce défi en réalité, parce que courir un 5km ça ne s’envisage pas comme un 10km, encore moins comme un semi, c’est tellement court, tellement intense qu’on a quasiment pas le droit à l’erreur.
Ma stratégie pour cette course était donc des plus simple : partir à fond, accélérer à mi-course et sprinter sur la fin. Dans le respect scrupuleux de la fameuse technique du doigt mouillé j’estimais mon temps de parcours à 23 minutes maximum.

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Le Jour J

 

Avant le départ je retrouve mes coéquipières du jour Elise, Alix, Marion, Laure et Alizée. Je ne connais que certaines d’entre elles mais nous faisons rapidement connaissance. Alizée qui travaille pour une marque de sport (Kari Traa) nous offre de supers t-shirts pour la course. Leurs t-shirts sont vraiment de très bonne qualités !

Je m’échauffe rapidement et rejoint les filles qui m’attendent pour une photo avant le départ. Elles sont plutôt zen, veulent faire une photo de plus mais moi je commence à paniquer : le départ est dans 6 minutes !! Je cours jusqu’à la ligne de départ et me positionne à l’arrière du peloton. Ouf, c’était juste !
Heureusement nous ne sommes que 188 à prendre le départ, c’est d’ailleurs la première fois que je prends le départ avec aussi peu de monde.
Après un rapide décompte on s’élance sur le bitume, et je double, et je double, et je double…

Le premier kilomètre passe en 4’35 et déjà je ne me sens pas très en forme, j’ai l’impression de manquer de sucre. Mon petit déjeuner était sans doute trop léger. Je continues de dépasser d’autres concurrent, certains sont même déjà en train de marcher. Au 3ème kilomètre je sens que j’ai atteint mon « rang limite », je ne parviens plus à doubler les autres concurrents, il y a une fille devant moi et je sens que j’aurais beaucoup de mal à lui passer devant. Je lutte, je la talonne, mais rien à faire. Un mec qui est là pour l’encourager lui crie « Allez tu es la 17ème fille ! » C’est pas mal ça, ça veut dire que je suis 18ème o/
Il ne reste déjà plus qu’un kilomètre et demi mais un mini monté vient me couper les jambes. C’est dur, je commence à déchanter un peu, je pense à l’équipe, les filles comptent sur moi et je suis en train de merder. Je termine le dernier kilomètre dans la souffrance, presque pire qu’à la fin d’un semi, impossible de dépasser la fille devant moi, l’écart se creuse même encore un peu. Il n’y aura pas de sprint final cette fois-ci. Je rentre dans le stade et je commence à paniquer, je ne vois pas Alizée la seconde relayeuse. Dans ma tête les pensées s’emballent mon dieu qu’est-ce que je fais, est-ce que je l’attends ?? est-ce que je continues sur le deuxième relais ?? Heureusement au dernier moment elle s’avance, je lui tends le bâton et elle s’élance…

Moi je reste sur place, un peu à l’ouest, je pense enfin à regarder ma montre 23’45 ». Bofff je suis déçue, je dois avouer que ces 45 secondes de rabe me frustrent au plus haut point…

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Après un petit ravitaillement je rejoins les filles, elles sont toutes très fières de mon temps mais et j’ai du mal à leur faire comprendre ma déception.
Ensuite les relais s’enchaînent Alizée terminé ses 10km en un peu plus de 52 minutes, Laure fait 26 minutes sur le 5km suivant, Elise nous impressionne avec un 10km en 49minutes et des poussières, Alix qui ne s’en croyait pas capable termine le 5km en 30 minutes et pour finir Marion cloture notre marathon en moins de 40minutes pour 7,195km ! En attendant on papote, on mange de délicieux cookie (merci Marion !), on encourage les autres filles, on boit de la bière (merci Sébastient !), finalement le temps passe vite !

On termine notre marathon avec un temps total de 3h42 ! Ce qui nous classe 12ème équipes féminines sur 27.

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Cette course était une très belle expérience, c’était très motivant de courir et de se dépasser « pour l’équipe » et pas de seulement faire une performance perso pour une fois !

LA rencontre

Une fois l’Ekiden terminé, je remonte dans ma petite voiture rouge, direction la magnifique ville de Saint Fons pour rencontrer une légende vivante : Firerasta.
Saint Fons n’est qu’a quelques minutes de chez moi et pourtant je n’y ai encore jamais mis les pieds. En arrivant je comprends rapidement pourquoi : bords d’autoroute, nombre impressionnant de petites camionnettes blanches avec bougies sur le tableau de bord (!), mecs chelou qui squattent un banc et insultent les passants, bref un vrai petit coin de paradis !

Je débarque au gymnase de Saint Fons où un parcours d’un kilomètre a été tracé (autour du gymnase pas dedans !), au milieu de la boucle il y a quelques tentes avec ravito, soins etc… et les athlètes courent pendant 24h ce même petit tour d’un kilomètre. Quand j’arrive il fait super beau donc c’est assez agréable mais j’imagine qu’en pleine nuit ce doit être bien différent !
Une fois sur place je commence à douter, est ce que je vais le connaitre. Je dévisage les autres coureurs un par un, « merde ça serait con de repartir sans le voir ». Et la j’aperçois un t-shirt vert du Kenya, plus de doute c’est lui. S’engage alors un dialogue qui ferait pâlir d’envie tout scénariste Hollywoodiens digne de ce nom :

– Hé Firerasta !

– …. C’est toi ?

– oui c’est moi !

Voilà pour la scène de la rencontre, émouvant n’est-ce pas ?
Je ne vous retranscrirais pas le reste du dialogue par peur de plagiat avant la future adaptation cinématographique.
En tout cas Firerasta si tu passes par là (ça j’en suis a peu près sure) ça m’a fait vraiment plaisir de te voir en vrai !

Après ça retour à la maison pour glandouiller sur mon balcon et faire l’inventaire de mes coups de soleil. J’ai régulièrement pensé à Firerasta pendant les heures qui ont suivi, quand je me suis couchée « FireRasta court toujours », quand je me suis levée pour mon petit pipi nocturne « FireRasta court toujours », quand il s’est mis à pleuvoir « FireRasta court toujours », quand j’ai changé l’heure sur mon horloge « FireRasta court toujours » etc… 24h c’est une sacré épreuve de force ! Il a parcouru 146km, donc plus que ce que j’ai couru le mois dernier…

Pour finir en regardant les résultats officiels je me rends compte que j’ai couru ces 5km en 23 minutes et 11 secondes, et c’est effectivement ce que m’affiche ma montre. Je ne sais pas pourquoi j’ai lu 23’45 » ! Et finalement ces 30 petites secondes de moins me font bien plaisir !!

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