Ce trail était dans mon planning depuis la minute où j’ai franchie la ligne d’arrivé lors l’édition précédente. J’en avais bavé mais j’avais adoré cette course.
Je n’ai pas suivi de préparation spécifique, j’ai juste essayé d’augmenter au maximum le dénivelé et dans la mesure du possible de courir sur des sentiers.

Contrairement à l’année précédente la météo n’était pas au beau fixe. Toute la journée de la vieille ce ne fut que pluie et brouillard, pas vraiment des conditions idéales mais ça fait parti du jeu ! Je croisais quand même les doigts pour éviter la neige au départ…

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Le Jour J

Chose étonnante pour un jour de course je me réveille fraîche et pimpante bien avant la sonnerie du réveil . Je prends le temps de manger un copieux déjeuner et de me préparer tranquillement. J’ai même le temps de réexpliquer pour la millionième fois à ma mère le principe du copier/coller sur Windows… (Mais j’ai pu me rendre compte quelques heures plus tard qu’elle avait déjà tout oublié :/ )

Vers 9h10  on arrive sur le lieu du départ de la course, j’en profite pour trottiner un peu aux alentours. Je passe à côté de mon ancienne maternelle, de mon école primaire et de mon collège. Pour le fun je fais même un tour de stade juste pour me rappeler que c’est là que j’ai couru pour la toute première fois pendant mes heures d’EPS. Autour de moi tout le monde s’interpelle, se salue, et moi j’ai beau être née dans cette ville je ne connais personne !
5 minutes avant le départ je rejoins le SAS, pour passer le temps j’écoute le speaker. Il parle de pointage, de la nécessitez de se faire pointer pour être classé. Euhh ??? What ??? Je demande à ma voisine de droite qui n’en sait pas plus que moi, elle demande à sa voisine de droite qui lui dit que non c’est juste le pointage pendant la course. Ok… Malgré tout je me dis que je vais allez me renseigner un peu plus, je finis par entendre dire qu’il faut se faire pointer vers les enfants en vert. Sauf que je ne vois pas le moindre enfant aux alentours, je retourne vers la fille à qui j’avais parlé et la prévient, on commence donc à chercher ces fameux enfants. Pendant ce temps-là je croise plusieurs coureurs qui eux aussi s’inquiètent du pointage et me demande si j’en sais plus… Quelle galère ! Enfin je fini par trouver ! Les enfants sont juste à côté de l’arche départ, ils notent mon numéro de dossard quand je rentre dans le sas.

Il ne reste plus qu’une minute avant le départ, je suis enfin pointée et prête à partir. Sauf que je suis tout devant au milieu d’une armée d’homme tous plus grand les uns que les autres, je vais me faire piétiner !
Le départ est retardé de 5 minutes le temps de permettre aux tous derniers inscrits de nous rejoindre.

On part, et je pars vite, instinct de survie surement. Je m’élance dans Clairvaux à toutes berzingues emportée par le flot des coureurs. On traverse rapidement la ville, qui n’est pas bien grande je dois l’avouer. On descend ensuite vers le lac ,traverse le petit parc et déjà la première montée. Je m’y attendais, le trajet passait déjà par là l’an dernier, mais je la trouve particulièrement raide cette année. Une fois en haut on traverse de nombreux champs, je suis toujours à plein régime. Peut-être un peu trop, mon cerveau me dit de ralentir mais mon corps n’écoute pas. Juste après ça descend beaucoup, j’ai du mal à me lâcher dans cette descente, le terrain glisse beaucoup.

On court pendant une dizaine de mètres sur du goudron, juste assez pour me rendre compte que mes crampons sont déjà plein de boue, mes chaussures pèsent des tonnes ! Finalement on retrouve un petit chemin en caillou un peu de plat, mais pas vraiment plat, je passe à deux doigts de m’étaler : aie la cheville !
On passe ensuite par une petite montée qui m’avait fatigué l’année passée, mais cette année ça va plutôt bien. Je regarde mon chrono : 3,7km en 20 minutes, pas mal ! C’est presque aussi bien que sur du plat et pourtant on déjà mangé près de 100 mètres de dénivelés !

Devant moi deux personnes se saluent, et derrière j’entends deux mecs se dirent « Mais ils se connaissent tous ou quoi ? » « Ouais ça doit être LA course du village » J’ai presque envie de leurs répondre que moi aussi je suis d’ici et pourtant je ne connais personne, mais je me tords encore une fois la cheville… je repars aussi sec. Je pense avec amusement « Jamais deux sans trois », putain si j’avais su je me serais collée une baffe !

Et on continue, cette fois-ci on arrive dans les sous bois et c’est boue à foison, au début je tente tant bien que mal d’éviter les quelques gouilla que l’on croise mais je finis malgré tout par me retrouver avec les baskets trempées. Le terrain est vraiment très gras, je manque par deux fois de perdre ma chaussure droite à cause d’un effet ventouse.

Au bout d’un moment il y’a tellement d’eau que j’ai l’impression de courir dans le lie d’une rivière. Finalement on arrive au petit pont, je sais que juste après ce petit pont il y a une énorme montée où on est obligé d’escalader dans les rochers et cette montée m’avait bien éprouvé l’an dernier. J’ai un peu peur de ce que ça va donner cette année avec un terrain aussi glissant. Juste après le pont je laisse un coureur me dépasser, il me remercie gentiment et accélère, je continue dans son sillage, on traverse un chemin et après il y a une petite descente, 1 mètre tout au plus en deux « marches » de 50 centimètres chacune, je me lance avec le pied droit pour atterrir sur le pied gauche et mais ma cheville ne tient pas. Elle se tord encore une fois et je sens un énorme crac, mais je ne tombe pas.
Oh mon dieu, je m’arrête direct. Je n’ai pas trop trop mal, mais étant donné que ça a craqué je pense que c’est grave. Je clopine un peu sur le côté du chemin pour aller m’assoir sur un gros caillou sur le côté. Les autres coureurs continues de passer à côté de moi, ils ont quasi tous un petit mot pour me demander si ça va, si j’ai besoin d’aide. Au bout de quelques minutes je marche un peu pour remonter sur le chemin au plat. La bonne nouvelle c’est que je peux marcher, mais la mauvaise c’est que je ne peux pas continuer. Enfin si pour être honnête je pourrais, mais si c’est pour me retordre la cheville encore une fois et me faire vraiment mal je préfères être raisonnable. D’autres coureurs continuent de s’arrêter pour savoir si je vais bien, oui je vais bien, mais j’ai presque envie de pleurer… Je pense au trail des forts, dans 15jours je dois prendre le départ du 28km, mais peut-être que je ne pourrais pas.

J’arrête ma montre 5 km, 29minutes, j’étais vraiment bien partie, trop bien parti peut-être…

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J’appelle mon père pour qu’il vienne me récupérer et puis je fais demi-tour. Je n’ai pas vraiment le choix, l’endroit où je suis est difficilement accessible en voiture, alors je repars sur le parcours dans l’autre sens. A ce moment-là tous les concurrents du 18km sont déjà passés, mais rapidement je croise les premiers du 10km. Quelles allures ! Les 3 premiers sont  vraiment très jeunes en plus, le quatrième un peu moins mais il prends quand même le temps de me demander si ça va.  Les autres suivent encore une fois beaucoup me demande si ça va aller.

Je galère dans les ornières, mes chaussures se coincent dans la boue, mon pied droit s’enfonce jusqu’à mi-mollet et je galère avec ma cheville tordue pour ressortir de ses sables mouvants miniatures. J’arrive vers une petite rivière qu’à l’aller j’avais traversée d’un seul bond. Cette fois-ci il va falloir mettre un pied dedans, mais lequel ? ça sera le gauche, avec ma cheville blessée. Ma basket se rempli d’eau gelée et ça me fais un bien fou ! Enfin j’aperçois mon père et mon copain au loin, et enfin la voiture !

On retourne à la salle des fêtes où se situe le départ, comme j’ai abandonné je dois rendre mon dossard. Sur place il y a également un médecin qui examine ma cheville, d’après elle il n’y a rien de très grave, ça me rassure. Elle me fait un strap. J’entends le speaker annoncer les premiers arrivant du 18km, techniquement je suis arrivée avant eux quand même ^^

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La scène de crime

A j+2 je ressens une très grosse déception. J’avais tellement aimé ce trail l’an dernier, je vais devoir attendre encore un an pour le retenté. Ma cheville n’est pas trop douloureuse, je peux marcher boitiller et même conduire (même si ma boite de vitesse apprécie moyennement). Mais par contre ma cheville est vraiment très raide. Je vais faire une semaine complète sans sport et je retenterai dimanche prochain pour savoir si oui ou non je peux faire le trail des forts…

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Le RedCrewLyon vous donne rendez-vous vendredi 29 avril à 19h au niveau du manège de la Guillotière. Au programme un petit run de 8km au cœur de Lyon.
Etant donné les circonstances je ne sais pas si je serais présente vendredi mais Elise se fera un plaisir de vous accueillir !
Cette sortie est accessible à tous et à toutes, n’hésitez pas à nous rejoindre ! Pour être informé en temps réel retrouvez nous sur notre page facebook ou sur nos profils Instagram ( Elise et moi) !

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