Je ne voulais pas faire ce semi. Je l’avais fait l’an dernier et je n’avais pas du tout (mais alors pas du tout) apprécié le parcours. J’avais râlé comme jamais pendant une course et elle s’était très mal terminée pour moi.
Et puis un copain a insisté pour qu’on le fasse ensemble, c’était son premier blablabla. Je me suis laissée attendrir. Mais en bonne radine il était hors de question que je paie le prix exhorbitant que demandait ASO pour participer (36€ quand même), j’ai donc participé à tous les concours possibles pour gagner un dossard. Coup de chance j’ai été tirée au sort par le magasin Terre de Running !

Toute contente de mon coup de chance je m’empresse d’annoncer la bonne nouvelle à mon pote : « euh ouais mais moi je cours tout seul » … (je vous laisse un peu de temps pour l’insulter silencieusement)

(vraiment n’hésitez pas)

(voilà ça devrait suffire)

Je l’avais donc un peu mauvaise, comme je vous l’ai dit je n’avais vraiment (mais alors vraiment) pas envie de faire ce semi. Mais maintenant que j’avais mon dossard et que je m’étais entraînée pour ça aurait été bête d’abandonner pour si peu.

Quelques semaines avant le départ je me doutais déjà que l’objectif de 1h45 ne serait pas atteignable pour cette fois. J’avais eu un peu de mal à reprendre après mes 3 mois de pause pour cause d’entorse à la cheville. Mais dans l’idéal j’espérais quand même faire mieux que mes 1h49 de l’an dernier.
Si vous voulez relire mon compte-rendu de l’an dernier cliquez ici.
Sinon petit résumé de l’année dernière : j’étais bien partie jusqu’au tunnel de la croix Rousse où j’ai commencé à me sentir vraiment mal. J’avais fini la course tant bien que mal mais dans la souffrance, et j’en garde un assez mauvais souvenir.

La veille

Avec le RedCrewLyon nous nous sommes donnés rendez-vous sur le village du RunInLyon pour récupérer ensemble nos dossards. Bien évidement 10 minutes avant que je ne sorte de chez moi il se met à pleuvoir des seaux d’eau…

Arrivée sur la place Bellecour je retrouve Elise ma co-capitaine du RedCrewLyon et Nadia une nouvelle recrue, toutes les deux sont inscrites sur le 10km.

On récupère rapidement nos dossards, la mécanique est bien huilée, on passe également au stand T-shirt pour récupérer notre exemplaire. Avant même de l’avoir je commence à râler : «  ça ne sert à rien que je le récupère puisque de toute manière ce ne sont que des t-shirts de mec toujours trop grand.Gnagnagna » Finalement je le prends quand même et là surprise : c’est un vrai t-shirt à ma taille, rien à voir avec celui de l’an dernier qui m’arrive en dessous des fesses et dont les manches me recouvre presque entièrement les coudes… Elise me confirme que l’an dernier elle avait aussi eu un t-shirt féminin… L’année dernière je courrais avec le CE de ma boite et tous les collègues inscrits étaient des mecs, vu que les dossards avaient tous été récupérés par une seule personne j’en déduis donc qu’il y en a eu un qui devait se sentir bien à l’étroit dans son t-shirt !

On retrouve ensuite d’autres membres du RedCrewLyon pour un petit brunch bien sympa chez Miga.Brunch RedCrewLyon

Au programme mini-sandwichs, pizzas, œufs brouillés, soupes, cakes, citronnades, papotages course à pied et plein d’autres choses !

Si vous êtes sur Lyon et que vous avez envie de courir avec un petit groupe sympa toutes les infos sont ici : RedCrewLyon

Le jour J

J’ouvre les yeux à 5h17 en pleine forme, mais c’est beaucoup trop tôt. Je n’avais prévu de me lever QUE vers 6h30. Mais impossible de me rendormir, je stresse ! Mais je ne stresse pas pour le semi-marathon, je stresse pour une histoire de lettre recommandée que j’ai déposé la veille à la Poste, rien de bien passionnant mais ça m’empêche de me rendormir.

Je finis par me lever et j’avale directement mon petit-dej. Ma supportrice préférée à fait le déplacement exprès pour m’encourager (bon ok pas que pour moi), un peu avant 8h on monte dans le métro : ça sent le coureur (et dans tous les sens du terme malheureusement), j’en viens à me demander si certain n’ont pas mis des t-shirts déjà sales ce matin. « C’est pas grave chérie de toute façon dans 3h il fini au sale… »RunInLyon Compte Rendu

Arrivée sur le village j’abandonne ma supportrice pour rejoindre directement mon SAS de départ, je suis un poil à la bourre, il est 8h22 et le SAS est censé fermer dans 8 minutes. Devant l’entrée du SAS il y a plein d’autres retardataires. Je remarque que certains ont des ceintures portes bidon et des camelBag, pourtant ils sont censés être interdit par la prefecture cette année. Je n’ai pas pris ma ceinture exprès mais ça m’embête bien de ne pas l’avoir, en plus je réalise à ce moment là que j’ai oublié mes petits ravito maison. On passe l’entrée du SAS et les bénévoles ne demandent pas au coureur de laisser leur bidon. Je suis dégoûtée…RunInLyon départ

Il ne reste plus que quelques minutes avant le départ et ma très chère montre refuse de capter le signal GPS, cette course commence vraiment mal ! Le speaker s’amuse à nous parler du derby qui a lieu le soir même au grand Stade. Un mec en profite pour sortir fièrement sa casquette de Saint Etienne, mais il disparaît rapidement écrasé sous les pieds des autres coureurs. (Je déconne !)

Le départ est donné et comme par hasard dans les 10 secondes qui suivent ma montre capte enfin le signal, halelluyah ! Je passe la ligne de départ et c’est parti mon kiki !

Ah en fait non, ça bouchonne un peu, difficile de trouver mon rythme. Je passe le premier kilomètre en 5min et 50secondes, donc bien plus que ce que j’avais prévu. J’essaie de doubler mais il y a du monde partout. Heureusement les autres coureurs accélèrent un peu aussi, je finis par réussir à me caser à 4’50 » au kilomètre.
Quand je regarde au loin je prends peur, il y a énormément de monde, la route est remplie de coureurs, je me demande comment je vais réussir à me faufiler au milieu de toute cette masse. C’est très impressionnant, mais au final ça reste gérable.

Au ravitaillement du 5ème kilomètre j’attrape un sucre et un verre d’eau, de toute façon il n’y a que ça. C’est la toute première fois que je teste le sucre pendant une course, je ne sais donc pas si c’est une bonne idée mais je n’ai pas d’autre choix.

Au 6ème kilomètre je sens une douleur dans la cheville, ce n’est pas très rassurant, mais heureusement celle-ci passe assez rapidement.

Le parcours continue de longer les quais de Saône, c’est vraiment monotone ! Heureusement il y a un peu de spectateurs qui se sont levés pour nous encourager.

Au 7ème kilomètre on est sur un petit faux plat et j’entends râler autour de moi « Mais c’est pas plat ! », j’ai envie de leur dire que ce n’est pas fini, qu’il y a une bonne grosse montée au 9ème kilomètre mais finalement je me dis que c’est mieux qu’ils le découvrent par eux-mêmes, inutile de leur casser les pattes maintenant, la montée s’en chargera !

On arrive enfin sur la fameuse montée, mais sur le coup je ne suis pas vraiment sûre. Ça monte moins que dans mon souvenir, peut-être que ça veut dire qu’il y en a une autre plus loin. Finalement on arrive au 10ème kilomètre ce qui confirme qu’il n’y aura pas d’autre montée, mes souvenirs étaient donc juste un peu exagérés !

Je passe le 10km en 51minutes et des poussières, c’est plutôt bien mais ça confirme qu’il y a peu de chance pour que je fasse 1h45. Et puis c’est moins bien que l’an dernier où j’étais passé en moins de 50 minutes. Mais je me sens vraiment en forme, je ne suis absolument pas fatiguée donc c’est plutôt bon signe pour la suite. A ce moment-là je me prends à rêver que peut-être que je réussirai à éviter la catastrophe post-tunnel.

Au ravito je prends à nouveau un sucre et un peu d’eau, on ne change pas une équipe qui gagne !

A partir du 11ème kilomètre je cours derrière le Blond, vous savez le mec parfait des sketchs de Gad Elmaleh. Il est là en chair et en os devant moi, sa chevelure impeccable, ses muscles reluisants. Ses chaussures ne frappent pas le sol elles l’effleurent, sur son visage aucune trace de l’effort qu’il fournit. Je m’accroche au blond, ça sera mon lièvre (à crinière blonde), mais le blond s’évapore d’un coup. Je suis triste, il me faut un autre lapin, je me rabats rapidement sur Spiderman, même si il est moins gracieux il a le mérite d’être repérable à 100 mètres, il ne disparaîtra donc pas facilement.

Le parcours est toujours aussi inintéressant du coup je surveille mes concurrents, je remarque les foulées un peu étrange, la fille qui court en talon fesse et qui pourrait surement courir beaucoup plus vite si elle remontait moins ses pieds, le gros bras qui dandine ses muscles, le mec qui a une collection de pâte de fruit dans son sac, le connard qui jette son tube de gel dans les égouts, ben oui pas vu pas pris…

On arrive au dernier ravitaillement, à nouveau je prends un sucre et un verre d’eau. J’aurais bien aimé prendre autre chose mais il n’y a que des abricots secs et je sais que ça ne me réussit pas ! Toujours pas de quartiers d’orange. Les ravitaillements de cette édition étaient relativement décevant, étant donné qu’il était interdit de prendre une ceinture j’aurais aimé que l’orga fasse un effort dans ce sens…

Le tunnel approche, je me sens encore super bien, je continue d’espérer que ça se passera mieux que l’an dernier.

Une fois dans le tunnel pas de surprise il fait vraiment chaud et c’est compliqué de doubler, mais j’arrive à conserver mon rythme (enfin je pense puisque ma monte ne capte pas le signal GPS et m’annonce une allure instantanée de 0’00’’).

A la sortie il fait frais mais pas trop, c’est parfait, je sens que ça va toujours bien. Il ne reste plus que 3 kilomètres, j’ai définitivement dit adieu à mes rêves de 1h45 mais ce n’est pas grave parce que j’ai la patate !

Environ 1,5km avant l’arrivée on rejoint la grande rue piétonne, il y a énormément de spectateurs mais pas un bruit. On se croirait à un enterrement,  aucun encouragement pourtant certains des coureurs en auraient bien besoin.

On approche de l’arrivée, je me sens vraiment bien et j’accélère un peu.  Les spectateurs remarquent mon accélération ils hurlent d’admiration devant ma foulée, la foule est en liesse. Quel succès !
En vrai je sais très bien que ces cris ne me sont pas destinés, ni à mes autres concurrents d’ailleurs, ils sont pour le vainqueur du marathon qui  franchit la ligne d’arrivée quelques secondes avant moi. Mais j’avoue j’ai pris ma part !

Ma montre m’annonce 1h48, record battu !

Après l’arrivée il faut marcher, marcher et encore marcher pour rejoindre le ravitaillement final.

RunInLyon MédailleAu passage on me donne une jolie médaille.

runinlyon arrivée

Le jura est bien représenté sur cette course, si j’avais su j’aurais pris mon drapeau aussi !

Ce que je retiens surtout c’est que ma course s’est vraiment bien passée. J’aurais même pu faire quelques kilomètres de plus. Est-ce que j’aurais pu en faire 9 de plus ? Peut-être… On verra ça pour ma prochaine course : les 30 kilomètres de Jogg’îles le 20 novembre.

Je pense que cette édition du RunInLyon était la dernière à laquelle je participais. Il y a trop de point que je n’apprécie pas, trop de monde, trop de marketing, une ambiance pas toujours au top entre les coureurs, un parcours ennuyant, le tunnel de la croix Rousse et surtout l’impression de prendre part à une énorme machine à fric pour qui la course à pied n’est qu’un prétexte à toujours plus de rentabilité.

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