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Trail des lacs

Ecotrail de Clairvaux les Lacs : et crac la cheville !

Ce trail était dans mon planning depuis la minute où j’ai franchie la ligne d’arrivé lors l’édition précédente. J’en avais bavé mais j’avais adoré cette course.
Je n’ai pas suivi de préparation spécifique, j’ai juste essayé d’augmenter au maximum le dénivelé et dans la mesure du possible de courir sur des sentiers.

Contrairement à l’année précédente la météo n’était pas au beau fixe. Toute la journée de la vieille ce ne fut que pluie et brouillard, pas vraiment des conditions idéales mais ça fait parti du jeu ! Je croisais quand même les doigts pour éviter la neige au départ…

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Mon premier Trail : Eco-Trail de Clairvaux les lacs

Réveil matin 7h30. Deux heures avant le départ. C’est bien la première fois que je ne me dis pas « mais qu’est-ce qu’il m’a pris de m’inscrire à une course qui démarre aussi tôt un dimanche matin », je suis réveillée fraîche et pimpante, prête à affronter le dénivelé clairvalien sur 18km.

parcours trail des lacs

Le départ du trail est à 5minutes en voiture de chez mes parents, c’est d’ailleurs eux qui m’emmènent sur place (l’homme est resté dans les bras de morphée, comme d’hab…).

Arrivée là-bas je me rends compte que les épingles à nourrice sont restées sur le t-shirt que j’ai laissé à la maison. Premier coup de flip. Je renvoie mes parents les chercher pendant que je récupère mon dossard. Nouveau coup de flip, tout le monde à un certif médical en main. Moi je ne l’ai pas pris vu que je l’avais fourni au moment de mon inscription. Je stress un max en attendant de pouvoir récupérer mon précieux sésame et finalement pas besoin de certif ! Ouf ! En cadeau j’ai même droit à une ceinture porte dossard… tant pis mes parents sont déjà en route !

Dossard en main, je me dirige en trottinant vers le lieu du départ, il fait vraiment super chaud. La dernière fois que j’avais couru près du lac j’avais manqué de tomber à cause des plaques de glaces sur le sol. Pas de gel aujourd’hui et je crève de chaud en manche longue. Heureusement en plus des épingles mes parents ont eu la bonne idée de me ramener mon t-shirt, changement express et je suis enfin prête !

Départ Trail des lacsJe prends place dans le peloton de départ, le speakers à l’accent franc comtois nous annonce 600 inscrits. Le départ est donné avec 5 minutes de retard, tous les joyeux coureurs s’élancent sur le parking du lac, on passe le rondpoint (ou le giratoire comme dirait ma grand-mère (prononcer giratouaér)) et direct les choses sérieuses commencent. 80 mètres de dénivelés pour mettre tout le monde d’accord. Arrivé en haut j’entends un mec dire « Il y en a 5 comme ça et on est arrivé ». Ah oui, 5 quand même… On court sur un mini sentier au sommet d’une colline, impossible de doubler où d’être doublé. Même pas un kilomètre et déjà une première cheville foulée devant moi, j’y vois un mauvais présage. Depuis là haut on a une superbe vue sur le lac, mais moi et mes collègues on est pas là pour admirer le paysage. On entame la première descente, sur le bord de la route il y a les parents d’une copine qui m’encouragent « Allez Cocotte ! « . On arrive sur du plat, une belle route en petit gravier mon domaine de prédilection, j’en profite pour doubler pas mal de monde.

Juste après dans une petite montée, il me semble apercevoir devant moi une fille que je connais, je la rattrape. Mais ce n’est pas elle… du coup je me suis complètement grillée et pour rien en plus ! Du coup je marche (première fois et pas  la dernière croyez moi ! )

A l’approche du 5ème kilomètre je commence à appréhender, la veille mon père m’avait dit « ça grimpe pas mal à cet endroit ». J’essaie d’économiser un peu mes forces puisque je ne sais pas trop à quoi m’attendre mais j’imagine quand même un petit sentier et là je me retrouve nez à nez avec … des rochers partout, on est obligé d’y aller avec les mains. Pendant l’ascension je profite d’une vue magnifique sur les fesses du papy devant moi et je me dis que le mec derrière moi doit avoir la même…

Une fois en haut on longe le bord, moi qui ait le vertige je ne suis vraiment pas à l’aise. Enfin le premier ravito. D’habitude je ne m’arrête jamais mais là je prends le temps, un verre d’eau, un verre de sirop, des abricots secs, des oranges. On est au belvédère de la scie, encore un super point de vue, mais j’ai pas le temps je dois terminer la course.

Si jamais vous ne savez pas où passez vos vacances le jura c'est bien : https://www.flickr.com/photos/payslacsetpetitemontgane/
Si jamais vous ne savez pas où passez vos vacances le jura c’est bien : https://www.flickr.com/photos/payslacsetpetitemontgane

C’est sympa de courir en pleine nature, on respire le bon air, on écoute les oiseaux. Non en fait j’entends surtout mes voisins renifler et cracher, ça fait rêver…

Je commence presque à regretter de ne pas avoir fait le 10. Je suis crevée et j’ai super mal à la cheville. Et puis ça monte toujours. On continue de zigzaguer dans les bois, j’en perds mon latin. Pourtant je les connais bien ces bois. Mais on a tellement tourné que je crois que je ne serais pas capable de rentrer chez moi sans balisage.

A un moment il y a une fille dernière mois, elle fait des bruits bizarres, comme si elle pleurait. Je me retourne mais non elle a l’air d’aller bien, d’ailleurs elle me double. On croise une photographe qui nous dit « ça descend un peu après ». Parfait ! Et là on arrive au bord d’une mini falaise de 4 mètres de haut qu’il faut descendre tant bien que mal. Elle est mignonne la photographe, je ferais bien demi-tour pour lui expliquer ma façon de penser.

On continue à crapahuter. Une nouvelle montée, cette fois-ci ils ont mis une corde. Mais 10 personnes accrochées à une corde, c’est pas terrible. Je commence à me repérer à peu près, on arrive au belvédère au dessus de la reculée de la Frasnée.

La frasneeUn jour Gargantua a eu soif et il a écarté deux roches pour boire un coup, d’ailleurs on voit même encore la trace de ces doigts. Comme je le craignais on longe le bord du trou. C’est trompeur car il y a des arbres sur le bord mais je sais que si je glisse j’en ai pour 200mètres avant de m’écraser sur le sol… Les autres ont pas l’air effrayé pour autant, peut-être qu’ils ne savent pas…
On arrive au 2ème ravitaillement. Encore une fois c’est l’orgie, mais j’ai besoin de force ! Je repars sur la route que je connais bien, trop bien même parce que j’en oublie de regarder le balisage, heureusement au dernier moment je me rends compte qu’il faut prendre à gauche. C’était juste. La dernière fois que je suis venue là c’était en voiture, je n’avais pas vu que ça grimpait autant !

Je suis plus ou moins seule à présent, j’ai un peu peur d’être la dernière.

Par terre je vois de plus en plus de tube de gel, ça m’énerve. Déjà c’est dégueulasse parce que c’est en pleine nature (note qu’en ville ça m’énerve aussi) mais en plus ces bois ne sont pas publics. Est-ce que les mecs (ou les nanas) qui ont jetés ça se rendent compte qu’ils sont chez quelqu’un quand ils courent ? Ces bois ont des propriétaires ce sont donc des propriétés privés. Alors certes tout le monde a le droit de venir dans ces bois. Mais est-ce que ces coureurs accepteraient que je vienne jeter mes ordures sur leur petit carré de pelouse ?  SI j’en avais choppé un sur le fait je crois bien que je lui aurais fait avaler son tube.

Au 14ème kilomètre je me rends compte que j’ai un souci avec mon sac de chameau, l’eau n’arrive plus, pourtant au vu des flocs que j’entends derrière moi il y a encore de l’eau dedans.

La veille j’avais repéré qu’à partir du 15ème kilomètres le parcours ne faisait quasiment que descendre. Facile. Sauf qu’a ce stade-là la moindre côte me parait insurmontable, je sais pas comment il avait compté ces 5 côtes le mec du début mais j’aurais bien aimé débriefer avec lui à la fin !

Arrivé à un croisement je vois mon copain et mes parents qui attendent. « ahhhhh j’ai soif ». Mais ils n’ont pas d’eau, heureusement un cycliste juste à côté me passe ça gourde, mon dieu elle est fraiche en plus !

Je regarde mon chrono : 2h05, mon dieu je n’ai jamais couru aussi longtemps ! Pourtant il faut continuer. Encore seule au monde, je me tords légèrement la cheville gauche, du coup pendant quelques temps j’oublie la douleur de la droite.

Et ça descend, et ça descend et… oh non c’est quoi cette côte. Elle n’était pas prévue 😥 Enfin j’aperçois le lac derrière les arbres. Je suis toujours toute seule. J’arrive au camping et je croise plein de gens qui s’en vont. Ils ont fini depuis longtemps, limite ils ont déjà pris leur douche…
Je n’aime pas trop arriver toute seule, j’ai l’impression que tout le monde me regarde, je suis mal à l’aise. En plus c’est sur je suis la dernière. Je passe enfin sous l’arche, le speaker hurle mon nom dans le micro, ouf c’est fini !

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Capital boue totalement raisonnable

J’arrête ma montre à 2h21 et des poussières. Je m’en suis pas si mal sortie que ça pour une grande première. C’était un beau baptême. Mais finalement je ne suis pas sûre d’être prête à affronter le trail des forts à Besançon dans 15 jours !

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